François un Homme Libéré

François, un homme libéré !

 

Dans sa jeunesse François avait expérimenté une vie pleine de facilités, l’argent donné par son père lui permettait de multiplier les projets et d’échapper aux multiples contraintes sociales et économiques. Il était habité par des envies de liberté et des ambitions sociales et personnelles de grandeur et de réussites chevaleresques. Il se pensait comme étant au-dessus de la mêlée, libre de toutes les contraintes et des limites psychologiques et économiques. Mais un imprévu vint mettre fin à cette liberté imaginaire : la prison ! Ce fut une épreuve terrible, un atterrissage brutal dans la réalité d’un monde violent qui mit fin à ses rêves et à ses illusions. Sorti malade de sa captivité une nouvelle étape de sa vie commence., intégrant la conscience de la fragilité de la vie et des relations complexes entre les hommes. La recherche frénétique des plaisirs et de la vie facile était devenue pour lui une impasse !

Dans cette période de convalescence et de recherches intérieures, il avait découvert l’importance de Dieu. L’évangile lui paraissait de plus en plus un chemin de révélation attirante. Il y percevait une autre approche de la liberté, enracinée dans l’amour. Cela va l’amener à prendre de la distance par rapport à son père et à tout ce qu’il représentait comme intégration dans la société, comme modèle de relation avec les hommes et les femmes de son environnement. Attiré par la Parole de Dieu il va faire l’expérience de sa présence vivante et accueillir sa parole avec joie et confiance. L’argent qui lui paraissait comme une source de bonheur et de liberté lui apparait dorénavant comme un obstacle, comme une source de division entre les hommes. Il mesure la vanité de la richesse et de ses conséquences : dépendances, enfermements, violences, dominations, possessions, injustices, orgueil, égoïsme…

Choisissant de donner plus d’importance à Jésus qu’à l’argent, sa vie prend une autre orientation. Il se débarrasse des carcans qui l’emprisonnaient dans des relations sociales figées et injustes. Mettant sa confiance en Jésus, il va s’atteler à la réparation de la chapelle St Damien, sans argent… ! Mais comment faire ? Ce sera la découverte et l’expérimentation d’une liberté inattendue et l’apprentissage de relations nouvelles. Ayant besoin des autres, il descend de son piédestal de bourgeois riche pour vivre proche de ceux qui manquaient de tout mais qui étaient près à lui donner un coup de main. Il y découvre une joie nouvelle, celle d’accomplir la volonté de Jésus. Cela va l’amener à changer son regard sur les autres. Il découvre que ce qui fait la qualité d’un homme ce n’est pas sa fortune mais ses qualités de cœur, son attention aux autres et particulièrement à ceux qui souffrent. Mais il prend aussi conscience que les solidarités dont il bénéficie lui font découvrir l’importance des relations ajustées les uns aux autres. Il apprend à s’émerveiller devant la générosité simple des pauvres. Petit à petit il y reconnait l’appel de Jésus dans l’évangile : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Rejoint par des compagnons attirés par le rayonnement de sa nouvelle manière de vivre, de parler, de témoigner de l’attention, de la douceur, de prendre soin des lépreux, il va vivre avec eux une nouvelle étape de libération. Il comprend que Dieu est un Père qui se préoccupe de ses enfants. Il accueille donc ces hommes comme des frères à respecter, à aimer, à écouter. Quand il vivait seul sur son chantier, il pouvait organiser son temps comme il voulait. Mais avec la présence de ces nouveaux frères, il va devoir tenir compte de besoins nouveaux : comment prier ensemble, comment se nourrir, travailler, décider… Fidèle à Jésus il va avec ses compagnons lui demander de les éclairer. Une nouvelle étape commence.

En contemplant la forme de vie de Jésus dans l’évangile il comprend l’importance du service. Il découvre en Jésus celui qui s’est fait le serviteur des hommes et des femmes qu’il trouvait sur son chemin… Il manifeste son amour non pas en se mettant au-dessus des autres mais en se faisant le plus petit, en lavant les pieds de ses disciples, en donnant son amour gratuitement à tous, en étant touché par les souffrances de chacun et en s’efforçant de rester ouvert à leurs besoins. Mais surtout il comprend qu’il donne sa vie librement, par amour, en mourant sur la croix. François découvre que l’amour est service gratuit de celui qui est mon frère et que cet amour donné est libérateur. Si l’on choisit de servir, c’est librement qu’on le fait ! l’amour donné fait grandir l’amour en nous. La source de cette liberté nouvelle s’enracine donc dans celle de Jésus, et ses fruits sont nombreux : douceur, joie, confiance, bienveillance, bonté, vérité… C’est la présence de l’Esprit en nous qui nous permet de tout faire librement avec amour, en renonçant à toute forme de domination et de possession.

Accueillons avec simplicité cet appel à vivre comme François, libérés de nos peurs, ouverts à une joie sans limite !

Fr Jo Coz

 

 

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