Poème après des jours d’effroi et de tristesse

Et il faudra écrire encore
En ce jour de soleil triste
Ecrire dans les cris des enfants
Et les larmes amères
Dans la chaleur du jour
Incongrue, presque obscène.
Ecrire dans le fracas de trop de mots
Dans le sang du trottoir
Et les discours blafards
Lors même que la main recule
Et que l’esprit renâcle.
Le cœur le dit
Alors
Ecrivons.

Bien sûr ce sera dérisoire
Peut-être que certains riront
Mais comme le cœur se moque
De toutes ces bonnes raisons !
Il y a dans le sang
Comme un murmure d’urgence
Qui fait mouvoir la main
Et consentir l’esprit.
Puisqu’il le faut
Puisque c’est là
Tout
Ce que nous pouvons
Parce que nous avons cette grâce
De le pouvoir
Il serait indigne
De ne pas le faire.
Alors
Ecrivons.

Disons les mots de deuil
Et ceux de liberté.
Chantons le chant du seuil
De la fraternité.
Puisqu’ils veulent nous faire taire
Ou nous ensorceler
Redisons la lumière
Invitons la beauté
Pour une valse à trois temps
Enlaçons l’espérance
Pour un tango d’amants.
Buvons !
Rions !
Aimons !
Soyons plus que jamais
Vivants.

Poème de Marion de la Fraternité du « Chêne de Mambré »
Le 16 novembre 2015, après les attentats de Paris

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