La beauté au quotidien, l’art, un chemin vers Dieu

La beauté au quotidien, l’art, un chemin vers Dieu

Rencontre régionale Rhône Alpes du 5 mai 2013 - thème la Beauté

Voici quelques réflexions pour éveiller notre attention et préparer la journée régionale qui se déroulera le 5 mai 2012 à Bourg-en-Bresse. Vous pouvez soit les utiliser pour une rencontre de Fraternité soit pour une réflexion personnelle…

 « Tu es beauté… »   François, au cœur  de sa louange,  affirme que la beauté  nous dévoile l’identité de Dieu. C’est une appellation forte, peut-être surprenante.

 Les mots beauté et bonté sont liés dans le Nouveau Testament. La bonté de Dieu devient ainsi la beauté de Dieu. (En grec le même mot exprime les deux sens).

 Depuis toujours les hommes ont été touchés par la beauté. Elle suggère un accès  à l’ineffable, à l’infini… Chacun  a sa propre expérience de la beauté, musique, couleurs, peinture, photographie, sculpture, architecture, paysages, danses… La beauté n’est pas la joliesse et ne se résume pas à l’esthétique, elle nous fait deviner le grand Mystère de la lumière resplendissante…

 Nous prendrons le temps durant notre journée régionale d’écouter, de nous émerveiller, de louer avec quelques uns des artistes de notre région franciscaine. Ils sont nombreux

 Pour enraciner ce partage dans l’évangile nous suggérons de méditer un moment sur le récit de la Transfiguration, (Lc 9, 28-38).

Réflexions de Benoit XVI

Le pape Benoît XVI attache une importance particulière à la « voie de la beauté », comme une voie privilégiée de découverte de Dieu : il y revient souvent dans ses enseignements. Sa méditation rejoint la parole fameuse de Dostoïevski: “La beauté sauvera le monde”. Pour le pape, c’est « l’une des voies qui peuvent nous conduire à Dieu et nous aider également à le rencontrer : c’est la voie des expressions artistiques, qui font partie de la voie de la beauté ».

Rencontrer Dieu

« Il vous est sans doute parfois arrivé, a dit Benoît XVI, devant une sculpture ou un tableau, des vers d’une poésie ou en écoutant un morceau de musique, d’éprouver une émotion intime, un sentiment de joie, c’est-à-dire de ressentir clairement qu’en face de vous, il n’y avait pas seulement une matière, un morceau de marbre ou de bronze, une toile peinte, un ensemble de lettres ou un ensemble de sons, mais quelque chose de plus grand, quelque chose qui «parle», capable de toucher le cœur, de communiquer un message, d’élever l’âme ».

Il y voit une porte ouverte sur l’infini : « Une œuvre d’art est le fruit de la capacité créative de l’être humain, qui s’interroge devant la réalité visible, s’efforce d’en découvrir le sens profond et de le communiquer à travers le langage des formes, des couleurs, des sons. L’art est capable d’exprimer et de rendre visible le besoin de l’homme d’aller au-delà de ce qui se voit, il manifeste la soif et la recherche de l’infini. Bien plus, il est comme une porte ouverte vers l’infini, vers une beauté et une vérité qui vont au-delà du quotidien. Et une œuvre d’art peut ouvrir les yeux de l’esprit et du cœur, en nous élevant vers le haut. »

Le concert  

Plus encore, pour Benoît XVI, « il existe des expressions artistiques qui sont de véritables chemins vers Dieu, la Beauté suprême, et qui aident même à croître dans notre relation avec Lui, dans la prière » : « Il s’agit des œuvres qui naissent de la foi et qui expriment la foi. Nous pouvons en voir un exemple lorsque nous visitons une cathédrale gothique : nous sommes saisis par les lignes verticales qui s’élèvent vers le ciel et qui attirent notre regard et notre esprit vers le haut, tandis que, dans le même temps, nous nous sentons petits, et pourtant avides de plénitude… Ou lorsque nous entrons dans une église romane : nous sommes invités de façon spontanée au recueillement et à la prière. Nous percevons que dans ces splendides édifices, est comme contenue la foi de générations entières ».

Le pape musicien ajoute cette confidence: « Ou encore, lorsque nous écoutons un morceau de musique sacrée qui fait vibrer les cordes de notre cœur, notre âme est comme dilatée et s’adresse plus facilement à Dieu. Il me revient à l’esprit un concert de musiques de Jean Sébastien Bach, à Munich, dirigé par Leonard Berstein. Au terme du dernier morceau, l’une des Cantate, je ressentis, non pas de façon raisonnée, mais au plus profond de mon cœur, que ce que j’avais écouté m’avait transmis la vérité, la vérité du suprême compositeur, et me poussait à rendre grâce à Dieu. A côté de moi se tenait l’évêque luthérien de Munich et, spontanément, je lui dis : « En écoutant cela, on comprend que c’est vrai ; une foi aussi forte est vraie, de même que la beauté qui exprime de façon irrésistible la présence de la vérité de Dieu ». »

Une voie de prière

« Chers amis, je vous invite à redécouvrir l’importance de cette voie également pour la prière, pour notre relation vivante avec Dieu. Les villes et les pays dans le monde entier abritent des trésors d’art qui expriment la foi et nous rappellent notre relation avec Dieu. Que la visite aux lieux d’art ne soit alors pas uniquement une occasion d’enrichissement culturel — elle l’est aussi — mais qu’elle puisse devenir surtout un moment de grâce, d’encouragement pour renforcer notre lien et notre dialogue avec le Seigneur, pour nous arrêter et contempler — dans le passage de la simple réalité extérieure à la réalité plus profonde qu’elle exprime — le rayon de beauté qui nous touche, qui nous «blesse» presque au plus profond de notre être et nous invite à nous élever vers Dieu ».

« Espérons, a conclu Benoît XVI, que le Seigneur nous aide à contempler sa beauté, que ce soit dans la nature ou dans les œuvres d’art, de façon à être touchés par la lumière de son visage, afin que nous aussi, nous puissions être lumières pour notre prochain ».

Florilège

« Bien tard je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée. Et voici que tu étais au-dedans, et moi, au-dehors, et c’est là que je te cherchais…. (St Augustin, Confessions, 10)

« Nous jouirons donc d’une vision, ô frères, jamais contemplée par les yeux, jamais entendue par les oreilles, jamais imaginée par la fantaisie : une vision qui dépasse toutes les beautés terrestres, celle de l’or, de l’argent, des bois et des champs, de la mer et du ciel, du soleil et de la lune, des étoiles et des anges ; la raison est la suivante : celle-ci est la source de toute autre beauté » (St Augustin,)

« Ce monde dans lequel Nous vivons a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans le désespoir. La beauté, comme la vérité, est ce qui apporte la joie au cœur des hommes, elle est ce fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, qui unit les générations et les fait communiquer dans l’admiration. Et cela grâce à vos mains… Rappelez-vous que vous êtes les gardiens de la beauté de notre monde » (Paul VI).

L‘expérience du beau, du beau authentique, pas éphémère ni superficiel, n’est pas quelque chose d’accessoire ou de secondaire dans la recherche du sens et du bonheur, car cette expérience n’éloigne pas de la réalité, mais, au contraire, elle mène à une confrontation étroite avec le vécu quotidien, pour le libérer de l’obscurité et le transfigurer, pour le rendre lumineux, beau. (Benoit XVI)

N’ayez pas peur de vous confronter avec la source première et ultime de la beauté, de dialoguer avec les croyants, avec ceux qui, comme vous, se sentent en pèlerinage dans le monde et dans l’histoire, vers la Beauté infinie ! (Benoit XVI)

« Dans tout ce qui suscite en nous le sentiment pur et authentique de la beauté, il y a réellement la présence de Dieu. Il y a presque une incarnation de Dieu dans le monde, dont la beauté est le signe. La beauté est la preuve expérimentale que l’incarnation est possible. » (Simone Weil)

Le beau permet de retrouver le côté merveilleux des choses. Une nature morte peinte par la main de génie du Caravage nous laisse stupéfaits devant des fruits que nous mangeons tous les jours sur notre table, mais qui ne touchent pas nos cœurs.  Le beau nous permet de prendre conscience qu’être dans ce monde est un privilège. Et puis la beauté est consolatrice. Vivre dans la laideur et dans la grisaille provoque  tristesse et mauvaise humeur, le beau  encourage et donne l’espérance. A. Geretti

 

Quelques extraits de la Lettre aux artistes de Jean Paul II

La tâche d’être artisan de sa propre vie est confiée à tout homme : en un certain sens, il doit en faire une œuvre d’art, un chef-d’œuvre. En remarquant que ce qu’il avait créé était bon, Dieu vit aussi que c’était beau. (1)

Chaque intuition artistique authentique va au-delà de ce que perçoivent les sens et, en pénétrant la réalité, elle s’efforce d’en interpréter le mystère caché. Elle jaillit du plus profond de l’âme humaine, là où l’aspiration à donner un sens à sa vie s’accompagne de la perception fugace de la beauté et de la mystérieuse unité des choses. (6)

«François contemplait dans les belles choses le Très Beau et, en suivant les traces imprimées dans les créatures, il poursuivait partout le Bien-Aimé.)  LM (6)

«L’âme qui a été pleinement illuminée par la beauté indicible de la gloire lumineuse du visage du Christ, est remplie du Saint Esprit,… n’est qu’œil, que lumière, que visage »(6). St Macaire

Au-delà de ses expressions les plus typiquement religieuses, l’art, quand il est authentique, a une profonde affinité avec le monde de la foi, à tel point que, même lorsque la culture s’éloigne considérablement de l’Église, il continue à constituer une sorte de pont jeté vers l’expérience religieuse. Parce qu’il est recherche de la beauté, fruit d’une imagination qui va au-delà du quotidien, l’art est, par nature, une sorte d’appel au Mystère. Même lorsqu’il scrute les plus obscures profondeurs de l’âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l’artiste se fait en quelque sorte la voix de l’attente universelle d’une rédemption. (10)

La beauté, comme la vérité, c’est ce qui met la joie au cœur des hommes, c’est ce fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, qui unit les générations et les fait communiquer dans l’admiration(11) Vat II

L’artiste est toujours à la recherche du sens profond des choses, son ardent désir est de parvenir à exprimer le monde de l’ineffable. (13)

Devant le caractère sacré de la vie et de l’être humain, devant les merveilles de l’univers, l’unique attitude adéquate est celle de l’émerveillement. La beauté authentique, reflet de l’Esprit de Dieu, transfigure la matière, ouvre les esprits au sens de l’éternité ! (16)

Avec François

François était très sensible à la beauté et à la bonté. Les biographes le notent  à maints endroits.. Il aime le chant et la musique des troubadours, la nature, les rochers, les beaux paysages, le chant des oiseaux, la prière chantée, la musique de la cithare. Il aime les bons gâteaux de fr Jacqueline. Il loue Dieu beauté et bonté…

  • LP 24 ou 2C 126 : François  entend une musique céleste
  • LP 43 : François compose et chante avec ses frères le cantique des créatures
Quelques questions pour les échanges et la réflexion personnelleQuelles sont les expériences de beauté qui m’ont marquées ?

Quelle est la place que j’accorde à la beauté dans ma vie ? Qu’ai-je vu, entendu, vécu… de beau aujourd’hui ?

Est-ce qu’elle inspire ma prière ?


La beauté intérieure de chaque personne me touche-t-elle ?


Comment résonne en moi la louange de François « Tu es Beauté… » ?

 

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