Découverte progressive du chemin spirituel proposé par François

Témoignage de Chantal au cours de la veillée franciscaine 12 octobre 2015 à Bourg en Bresse dans l’ancienne chapelle des frères capucins du temps de leur présence. Elle nous parle de sa découverte progressive du chemin spirituel proposé par François.

Au début, il y eut des paroles interpellant mon propre chemin de chrétienne.

« Il ne faut pas seulement que ce soit utile, il faut que ce soit beau »

«  On trouve ici une atmosphère de recueillement qui loin du chambardement, permet de retrouver le vrai sens de la vie. Ici on est accueilli tel qu’on est, on trouve réconfort avec un bol de soupe, un regard, un sourire »

« l’idéal de François : une vie de prière, une vie simple, une attention aux plus pauvres, une vie de fraternité, une louange à la création »

« Ce qui est important pour nous c’est de s’écouter, de s’enrichir les uns les autres et d’avoir le désir de vivre selon l’évangile. La fraternité est une école de vie, d’humilité, un cheminement de foi qui aide à vivre autrement dans le monde d’aujourd’hui. »

Au début, il y eut des paroles ….. il y eut des rencontres ; Celle de frère François qui cultivait ici non seulement les âmes qui frappaient à sa porte mais aussi fleurs, fruits et légumes destinés à être partagés.
Celle des frères et novices : leur présence priante et joyeuse, leur accueil inconditionnel, la simplicité de leur vie bousculait le chemin d’un prétendu bonheur proposé par notre société de consommation éperdue et de performance.

Au début il y eut la rencontre de frère Lori, son départ pour fonder une communauté en Haïti et cette photo : des frères de l’eau jusqu’à la taille portant des enfants sur le dos pour qu’ils puissent aller à l’école !. Lui qui avait tant donné ici, comment le laisser seul face à son projet de construire une passerelle ?

Et puis il y eut un choc en 2007 : la fermeture de ce couvent des capucins présent ici depuis si longtemps.
Il y eut cet appel des frères : « c’est à vous laïcs qu’il incombe désormais de faire vivre ici la spiritualité franciscaine.
Depuis leur départ, deux nouvelles fraternités séculières ont vu le jour. Nous espérons que d’autres nous rejoindront. Je chemine depuis quatre ans avec l’une d’elles.

J’y ai trouvé une famille auprès de laquelle me ressourcer, grandir en Eglise à la manière de St François. La spiritualité franciscaine m’aide à prendre conscience que chaque créature humaine, animale, végétale a du prix aux yeux de Dieu et sa place, qu’elle est un don de Dieu et doit être regardée avec bienveillance, avec  en corollaire, la sobriété. La pauvreté ( et on n’est plus là dans la pauvreté uniquement matérielle) oui la pauvreté des uns peut être richesse pour les autres.

A la suite de François, avec d’autres, nous osons une Eglise du cœur. Nous découvrons la présence mystérieuse de Dieu dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui et nous osons la louange.

Ainsi le défi du pape François dans sa dernière encyclique Laudato Si trouve tout naturellement des réponses ancrées dans le projet de vie de François d’Assise : vivre une fraternité soucieuse de justice, de paix et de respect de la nature.

En fraternité, avec tous ceux que ce projet de vie interpelle nous nous accueillons respectueux de nos différences et essayons avec humilité d’apporter une pierre modeste à la préservation de notre « maison commune ».

Au début il y eut des paroles, des rencontres…puis il y eut un appel sur le chemin de foi qui était le mien. Il y eut un oui… et il y a cette prière fil rouge du quotidien auquel nous sommes invités par François.

Là où est la haine que je mette l’amour,
Là où est l’offense que je mette le pardon,
Là où est la dispute que je mette l’union
Là où il y a le doute que je mette la foi
là où est le désespoir que je mette l’espérance
Là où est la tristesse que je mette la joie
O Seigneur que je ne cherche pas tant à être consolée qu’à consoler
A être compris qu’à comprendre
A être aimé qu’à aimer
Car c’est en donnant qu’on reçoit
C’est en s’ oubliant soi même qu’on trouve
C’est en pardonnant que l’on obtient le pardon
C’est en mourant que l’on ressuscite à la vie qui n’en finit pas.

Chantal
Fraternité « Les Fioretti »

Permalink

Comments are closed.